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Jean IOZIA - L’Eglise Primitive / 1

« Aux premiers temps du Christianisme »

Introduction

Une ère nouvelle s’ouvre à nous. L’homme de désir, ce chercheur de Vérité veut soulever le voile, accéder à ce lieu où science et conscience se rejoignent.

Il est celui qui aspire à retrouver le chemin de l’Unité, ressentir toute la dimension de son être véritable. Ce travail d’introspection va ainsi l’amener à revisiter le champ des possibles : philosophies, traditions dans la voie du discernement.

Car il ne veut plus accepter sans comprendre. Il a aujourd’hui besoin une spiritualité vivante et profondément ressentie, et souhaite mettre en pratique ces enseignements au quotidien.

Les religions de notre monde actuel n’échappent pas à cette évolution. Les cherchants d’aujourd’hui ont soif de renouer avec les enseignements originels et de trouver leur propre voie. Il ont besoin de construire leur « légende personnelle » comme le dit Paolo COELHO dans son roman : L’Alchimiste. Ils ne veulent plus accepter sans comprendre.

Le Dalaï lama, nous dit :

« Il ne s’agit pas de quitter votre tradition, mais au contraire de la comprendre ».

La Théosophie moderne enseigne en effet que toutes les traditions se rejoignent sur l’essentiel et qu’elles dérivent toutes d’un même tronc commun. Il en est de même pour la principale religion du monde occidental qu’est le christianisme. Pour nous européens, le message chrétien est si présent dans nos comportements, que l’on peut parler à juste titre de véritable tradition, de culture judéo-chrétienne. Les Théosophes selon la doctrine d’H. P. Blavatsky ont coutume d’arborer leur devise « Il n’y a pas de religion supérieure à la Vérité », alors comment aborder cet enseignement chrétien dans son aspect le plus profond, voire le plus caché, afin de retrouver ce chemin qui mène à la Sagesse Universelle, à cette Vérité Absolue.

Le présent travail a pour objet de rappeler les vérités profondes du christianisme, souvent oubliés de nos jours : enseignement trop longtemps présenté sous un aspect difficile et théologique. Notre tâche n’est elle pas aujourd’hui de ramener ce message à son contenu premier qui loin de le léser doit au contraire permettre de lui redonner cette simplicité du cœur à la lumière de l’esprit.

I. Les origines

Le berceau du christianisme se situe en Palestine. Son expansion débute en Syrie, et en Asie mineure ainsi qu’en Grèce et en Macédoine. Il n’existe pas concrètement de trace d’implantation chrétienne à Alexandrie (en Egypte) dès le Ier siècle. Mais ceci paraît improbable du fait qu’Alexandrie est à cette époque l’un des plus importants foyer culturel de l’humanité, sans doute occulté par l’église naissante à cause des influences gnostiques qui s’y seraient produites.

Par contre, l’influence de l’église de Jérusalem apparaît dans tous les documents, celle de Jacques, frère de Jésus, associé à Pierre (Céphas, Simon). C’est Jacques qui va discuter par la suite avec Paul les conditions d’intégration à l’église des gentils (non juifs). Ce judéo-christianisme du 1er siècle est surtout marqué par la tradition hébraïque et l’esprit essénien de Qumran.

Au sein du peuple juif l’espoir de l’attente d’un messie (qui serait à la fois prêtre et roi d’Israël et qui chasserait l’occupant romain) va, avec le développement du christianisme naissant, passer à celle de l’espérance en un salut personnel, lié à l’évolution spirituelle de chacun, « le royaume de Dieu est à l’intérieur de vous ».

C’est en ce sens que le christianisme rejoint les grands courants spirituels de l’humanité. Néanmoins dans le même temps, le poids des institutions de l’église nouvelle, va peu à peu entraver cet élan. L’implantation se développe donc au sein de l’empire romain dans un premier temps au travers des communautés juives préexistantes. Il convient de noter qu’à l’intérieur du vaste empire romain existent déjà des contacts étroits entre juifs hellénisants ou latins, aux travers des différentes classes sociales. Ces classes sont déjà ouvertes aux cultes venus d’orient tel que par exemple : le mithraïsme et c’est ce qui donnera cette coloration toute particulière du christianisme des premiers siècles plus ou moins proches de la tradition gnostique.

D’après les textes étudiés, dès la seconde moitié du 1er siècle, on note la présence de chrétiens dans l’entourage du pouvoir impérial. De hauts fonctionnaires sont directement issus de la culture juive. Paul sera le principal artisan de la rupture avec le judaïsme. Bien que juif, il est en cependant de culture grecque et ses écrits reflètent l’influence platonicienne. Il n’a pas connu personnellement Jésus mais l’intelligence de Paul a été de comprendre comme le souligne notamment Robert Ambelain, que le vrai pouvoir ne pouvait être que spirituel face au pouvoir impérial de Rome. Seule une religion universelle acceptant tous les hommes juifs et gentils doit permettre le développement du christianisme. Jusqu’au IIIe siècle, cette progression à lieu essentiellement dans les milieux intellectuels et hellénisants, en périphérie du pouvoir malgré les nombreuses persécutions. D’ailleurs les premiers pères de l’Eglise appartiennent à ces milieux précisément. Cette expansion se produit vers l’Orient (Asie mineure, Grèce, Macédoine, Syrie Mésopotamie) et vers l’Afrique (Egypte et Afrique du Nord).

Au départ les apôtres sont les tenants de l’Eglise de Jérusalem et Jacques le frère de Jésus est le chef de la communauté.

C’est bien lui qui paraît avoir le plus d’autorité. Il sera malheureusement exécuté lors de l’une des nombreuses révoltes juives, probablement celle de 62.

Jean Iozia © pour la LdT – article inédit (à suivre)

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