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Jacques d’Arès – Jésus et le Christ, mythe ou réalité ?

Pendant des siècles, la question de savoir si Jésus a réellement existé ne s’est jamais posée parce que c’était une évidence. Mais depuis deux cents ans, quelques esprits ont cherché à exhumer des textes authentifiant, sur le plan historique, la personnalité du Messie.

Hélas, tous les auteurs chrétiens en conviennent eux-mêmes, aucun commentateur romain, contemporain du Christ, n’y fait allusion. A cette époque, l’ensemble de la Judée et des pays alentours est sous domination romaine, et il semblerait naturel qu’un d’entre eux, au moins, parle des miracles accomplis par Jésus-Christ, qui, au dire des Evangiles, n’ont pas manqué d’impressionner les foules.

Mais cette époque n’a rien de comparable avec le XXe siècle. Elle ne connaît pas la radio, pas la presse, aucun des moyens modernes de communication, et un événement important dont l’action se déroule à cent kilomètres, peut rester totalement ignoré de ceux qui n’en ont pas été les témoins directs. Il n’y a donc, a priori, rien de surprenant à ce que des mémorialistes, dont la plupart résident à Rome, n’aient pas spécialement entendu parler de la question.

Néanmoins, certains textes font indirectement allusion à des rébellions, à un soi-disant roi des Juifs entré en dissidence et cherchant à soulever les populations de Judée contre l’occupant romain. Ces faits ont d’ailleurs servi de pivot à des théories modernes qui ont tenté de faire de Jésus un personnage révolutionnaire et un homme politique sans préoccupations religieuses.

Ces constatations pourraient paraître fatales au christianisme, mais ce serait faire peu de cas de tous les textes dits sacrés, c’est-à-dire les évangiles synoptiques, les actes des apôtres, en un mot tous les textes composant le Nouveau Testament auxquels il faut, en historien impartial, ajouter les nombreux textes dits apocryphes, parce que non inspirés par Dieu comme les textes sacrés, mais qui constituent des documents que l’on ne saurait rejeter. Or, ces très nombreux textes attestent que Jésus a bien existé.

Au surplus le message chrétien s’est tellement répandu, et cela dès les vingt années qui ont suivi la date hypothétique de la mort de Jésus, l’histoire le constate indubitablement, qu’il aurait fallu inventer un Christ, s’il n’avait existé.

La Nativité et le Poisson

On a beaucoup épilogué pour savoir si Jésus était né effectivement en l’an I ou s’il ne s’était pas incarné quelques années auparavant.

Il est de fait qu’à quelques années près, l’événement se déroule au moment où selon la loi traditionnelle, mais scientifique de la précession des équinoxes, le soleil, dans son lent mouvement de 5 920 ans environ autour des douze signes du zodiaque, passe du signe du bélier dans le signe des poissons.

Ciel du mois de mars
De l’an VI avant J.-C.
(établi par Jean Phaure)

En l’an VI, le ciel est le théâtre d’une conjonction assez extraordinaire, puisque les trois planètes lentes, Jupiter, Saturne et Uranus transitent dans le signe des Poissons ensemble, et elles s’y croisent à plusieurs reprises, cinq au total, en février et mars de l’an VI notamment, selon les éphémérides officielles qui ont pu être reconstituées par les astronomes, toutes les trois se trouvent effectivement à l’entrée du signe des Poissons.

Mais de surcroît, Neptune et Pluton, elles-mêmes, se situent dans une position telle qu’elles entrent en influence, Vénus et Mercure passant également au même moment. Autrement dit, presque toutes les planètes du système solaire se trouvent réunies dans le même signe zodiacal, c’est-à-dire dans une portion d’un douzième de ciel. Il est évident que cet événement devait marquer les esprits, et l’on a songé que c’était cela, l’étoile dont toutes les traditions font état, l’étoile qui aurait guidé les bergers et les mages. Sa caractéristique est d’être à huit pointes, nombre christique ; elle était déjà connue chez les Babyloniens, et deviendra l’étoile des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, symbolisant le cheminement initiatique.

Quant on sait combien l’astrologie religieuse est en rapport direct avec les problèmes religieux, on ne peut qu’être émerveillé d’une telle conjoncture qui, aussi complète, ne s’est jamais reproduite.

C’est d’ailleurs une des raisons, et une des raisons seulement, avec d’autres, notamment de calendrier, qui font penser que la naissance du Christ aurait eu lieu en VI, à la condition de considérer qu’entre + 1 et — 1 s’est intercalée une année 0.

Mais cette conjonction s’est produite au début de ce que l’on appelle « l’Ere des Poissons ». Or, on retrouve en d’autres occasions, l’importance du signe des Poissons dès les premières années du christianisme. Lorsque les premiers chrétiens se représentent, ils le font sous la forme d’un poisson ou de deux poissons opposés l’un à l’autre, c’est-à-dire dans la forme traditionnelle où, depuis des siècles, et avant le christianisme, l’on représente les deux poissons du signe du zodiaque.

De même a-t-on découvert, dans les catacombes romaines, des représentations gravées du repas eucharistique où le corps du Christ est figuré sur un autel par un ou deux poissons. Il est également indispensable de rappeler que l’on a associé, dès le premier siècle, le nom de Jésus avec le mot grec Ichtus qui signifie poisson ; et tout le monde connaît la phrase grecque composée à partir de chacune des lettres de ce mot : lésous Christos theou uios sôter, c’est-à-dire « Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur. »

D’autre part, les apôtres, à commencer par Pierre, sont presque tous des pêcheurs, et l’on a souvent souligné l’importance de la multiplication des poissons et surtout de la pêche miraculeuse de 153 poissons narrée par saint Jean dans le dernier chapitre de son évangile. D’autant plus que le nombre de ces poissons n’est pas indifférent puisque le total des trois chiffres qui le compose donne neuf, nombre divin et solaire qui représente les neuf manifestations de Dieu à travers la trinité (3 X 3).

Cette constatation relève directement de l’ésotérisme puisqu’au surplus le Christ a lui-même déclaré qu’il était le nombre neuf lorsqu’il dit « Je suis l’alpha et l’oméga. » En effet, on interprète toujours cet aphorisme comme voulant dire « Je suis le commencement et la fin », ce qui est vrai, mais relève de l’exotérisme. Le fond des choses est à la fois différent et complémentaire : chacune des lettres grecques ayant une valeur numérale, alpha vaut 1 et oméga 800, ce qui donne un total de 801, soit 8 + 1 = 9.

Enfin, il faut rappeler que le Christ a été assimilé au dauphin, considéré dans l’Antiquité comme sauveur des hommes, et que les représentations sont nombreuses dans les catacombes chrétiennes du dauphin sur une croix, une ancre ou un trident, à une époque où la figuration du Christ sur la croix n’était pas envisagée…

Jacques d’ArèsEncyclopédie de l’Esotérisme (tome 3 – extrait ).
JP Delarge ed. Du Jour – 1975 –

En illustration : Le Christ de Salvador Dali.

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