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[L’APOCALYPSE , Mike GIVER et quelques autres considérations métaphilosophiques sur la capacité que peut avoir l’Homo Sapiens à s’adapter en milieu hostile]

Le monde est plein de gens incroyables… Il y a encore quelques décennies, personne ne pouvait le concevoir et encore moins le vérifier à moins d’habiter dans le même immeuble, la même rue ou le même quartier qu’un de ces « doux dingues », merveilleux individus inspirés par une idée folle et prêts à tout pour aller jusqu’au bout de leur quête. Grâce à Internet, ils ont enfin le moyen de montrer à la face du monde que les humains ne se réduisent pas à un troupeau de moutons bêlant pour obtenir plus de fourrage tout en fonçant tête baissée vers le grand abattoir final. Il existe des individus exceptionnels qui veulent s’amuser un peu au cours de leur rapide passage dans cette vallée de larmes.

Un de ces doux rêveurs se nomme Jamie O’Shea. C’est un étazunien à mi-chemin entre l’ingénieur fou, l’artiste contemporain et le philosophe opératif. Il a fait parler de lui notamment pour son projet « Immaculate Telegraph » (le télégraphe immaculé) qui consiste à voir si un homme préhistorique ayant une connaissance théorique moderne de la physique, de la chimie et de l’électricité aurait pu construire un télégraphe sans aucun des outils de notre modernité actuelle. Et quand je dis aucun, c’est aucun ! Jamie est parti dans la nature muni d’un substitut de sac à dos en écorce, de quelques outils et d’une ficelle dont il montre la confection à partir de... rien.

Ces outils sont bien entendu réalisés en n’utilisant que des silex taillés, de la fibre végétale naturelle et sans aucun autre instrument préalable que son cerveau moderne dont on imagine sans peine qu’il est plein de choses fort utiles et qu’il fonctionne à plein régime.

Et Jamie, commence par trouver de l’argile, pour faire un four réfractaire creusé dans le sol dans lequel il va placer successivement du minerai de cuivre et de fer, qu’il va allumer en frottant deux bouts de bois et qui va lui permettre d’obtenir quelques grammes des deux métaux. Puis, en les intercalant avec une fine pellicule de pomme de terre, il va pouvoir fabriquer la pile qui produira l’électricité nécessaire à l’ensemble. Je vous laisse découvrir la suite en visionnant sa vidéo et son site (surtout la photo de la trousse à outil de l’électricien préhistorique). Ne manquez pas le début (la conception du sac qui lui servira à transporter ses trouvailles, la construction d’une hache pour couper le bois qui sert à chauffer le four, etc...) pour bien comprendre les efforts que lui ont couté la mise au point de cette expérience.

Mais aussi bizarre que cela puisse paraître au premier abord, cette expérience est loin d’être saugrenue : elle montre la valeur du progrès accompli au cours des millénaires et surtout que s’il nous a fallu 50 millénaires pour arriver où nous en sommes depuis l’âge du fer, nous aurions pu rapidement arriver au niveau du XIXe siècle il y a déjà bien longtemps si nous avions eu… la connaissance !

Bien entendu l’Immaculate Telegraph n’est pas le seul sujet d’intérêt de Jamie O’Shea. Prenez le temps de visiter son site à fond pour découvrir la diversité et l’étendue de ses autres projets. Personnellement, j’ai aussi un petit faible pour celui-ci...

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PS // Voici, pour infos, le pedigree de l’homo sapiens sapiens en question qui relèguerai le premier Mike Giver venu au rang de Bibi Fricotin de maternelle, certes on est encore loin de la centrale nucléaire réalisé en brindilles, en écorces de bouleau et en papyrus, mais quand même… je suis certain qu’un Louis Boutard aurait somme toute été très largement impressionné !

Jamie O’Shea is an inventor. He makes semantic machines, and believes that all machines are semantic. He loves the things, like memory, that cannot be automated, and strives in vain to automate them. He believes that boredom is a crucial defense mechanism, and should be celebrated.He also writes fiction. Jamie lives in Brooklyn and has participated this year in the Bemis Center Residency and the Lower Manhattan Cultural Council’s Swing Space. His work lives mostly on the web and in conversation, but has appeared this year at Exit Art, the Pixel festival, and the Conflux festival, and the Bemis Underground. Jamie was a resident artist at Eyebeam in 2006 and is currently Eyebeam’s Facilities Manager in the mornings and undertaking an Honorary Residency in the afternoons.

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