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1/2/2011 [De l’astrologie horaire à l’astrologie natale]

L’astrologie dite horaire n’est pas aussi cotée que l’astrologie généthliaque, c’est-à-dire celle du thème natal. [1]. Au XVII e siècle, un William Lilly lui consacra sa Christian Astrology [2].

Le principe de cette astrologie des interrogations –le terme horaire prétant à confusion- consiste à dresser le thème pour un certain moment, qu’il faut noter soigneusement, car il est assez fugace, celui où la question se pose, est posée. Plusieurs critères existent mais en tout état de cause, c’est une astrologie d’un instant, d’un lieu, ce n’est pas celle du thème natal. Au fond, on se trouve là dans un cas de figure qui n’est pas si loin de ce qui se passe pour un tirage divinatoire, fondé également sur ce qui « sort » à un moment donné qui est celui de l’interrogation, de la demande. L’ on comprend que les astrologues, pour se démarquer, se référent au thème natal, qui est unique alors que les tirages en astrologie horaire peuvent se multiplier. Le recours aux transits est d’ailleurs un compromis entre astrologie horaire et astrologie natale puisque l’on confronte le ciel d’un moment donné avec le ciel natal.
Mais la question que nous poserons ici va plus loin. Est-ce que le souci de précision qui caractérise tant d’astrologues du thème natal [3] ne serait pas hérité de l’astrologie horaire tout comme d’ailleurs l’ascendant qui s’appela longtemps « horoscope » - on retrouve le mot heure.

Du point de vue de la logique divinatoire, il n’y a aucune raison pour recourir à un tirage antérieur au temps de la consultation. Certains argueront que c’est justement pourquoi l’astrologie n’est pas « divinatoire ». Mais on pourrait aussi se demander si tout le dispositif des maisons astrologiques n’est pas d’ordre divinatoire, d’où sa présence dans certains tirages du tarot, en géomancie. Or, ce dispositif est bel et bien utilisé en astrologie natale. Au vrai, en pratique, le thème natal sert avant tout à l’astrologue comme s’il s’agissait d’un thème horaire, dès lors justement que l’on considère les transits. Mais pourquoi devrait-on avoir un thème natal ? L’astrologie elle –même n’est-elle pas évolutive, notamment en mondiale, qu’a-t-elle besoin de se figer ainsi sur le moment de la naissance ? Or, le thème natal a fini bel et bien par devenir l’image de marque de l’astrologie et on le trouve dans la plupart des définitions de l’astrologie qui traînent dans les dictionnaires et les encyclopédies, ce qui occasionne d’ailleurs toutes sortes d’attaques de la part des sceptiques. On peut même se demander si le thème natal ne serait pas plutôt un thème horaire non pas du né mais des parents et si cela n’était pas devenu une coutume de procéder ainsi. Le grand problème en astrologie, c’est que les objets dont on dispose ne sont pas accompagnés de leur mode d’emploi ou si l’on préfère que le mode d’emploi que d’aucuns proposent n’est pas forcément le plus adéquat à la technique utilisée...

On nous objectera que les travaux statistiques de Michel Gauquelin tendent à valider l’importance à accorder au thème natal en rapport avec le né. Grâce à Gauquelin, l’importance de l’heure et du lieu de naissance n’est elle pas entérinée depuis les années cinquante du siècle dernier ? Or, si l’on peut admettre que le praticien accorde la plus grande importance au moment du tirage, selon une certaine logique divinatoire, en revanche, nous sommes très sceptiques quant à ce que cela peut importer pour l’enfant qui n’a que faire des préoccupations de l’astrologue. Pour nous l’astrologie non divinatoire est un continuum et cyclique, qui n’est pas fonction d’un tirage réalisé par un praticien [4] et nous avons toujours éprouvé une certaine répulsion pour ce type de sondage ponctuel au regard du moins d’une astrologie scientifique tout en en saisissant tout à fait la raison dans le cadre d’ un protocole divinatoire.

En conclusion, la précision au niveau du dressage du thème est un artefact propre à l’astrologue qu’il tend à projeter sur le processus même de la naissance et donc sur l’enfant. Restons humbles : contentons-nous de justifier l’érection d’un thème, quel qu’il soit, au regard d’un codage, d’un contact avec quelque instance, par le truchement d’un support divinatoire et laissons le nouveau-né tranquille. Quant à la grave question de ce qui sous-tend tout tirage divinatoire [5], l’on sait que l’on entend toutes sortes d’explications. Est-ce que celle de l’astrologue doit nécessairement se référer au comportement du nouveau-né comme phénomène déclencheur ? Pour notre part, nous sommes convaincus que tout au long de leur vie, les humains ne sont pas insensibles à certains signaux cosmiques mais nous ne pensons pas que cela se situe de façon privilégiée au moment de la naissance pour l’excellente raison que nous pensons que c’est précisément la faculté de capter l’évolution progressive et relativement lente de ces signaux qui constitue l’astrologie et non pas l’impact immédiat du ciel natal. C’est pourquoi nous pensons essentiel de distinguer entre astrologie divinatoire et astrologie scientifique : l’astrologie natale reléve selon nous de la première et l’astrologie mondiale cyclique de la seconde, ce qui ne signifie pas que nous validions tout ce qui se fait dans ce domaine, mais c’est là une autre histoire.

Jacques Halbronn

* * *

[1] Voir notre entretien avec René Morlet, à la Vidéothèque astrologique, sur teleprovidence.

[2] Voir notre étude en posface à l’Introduction de Claude Dariot une de ses sources, Ed Pardés 1990.

[3] On pense à Didier Geslain, voir la vidéothéque astrologique, sur teleprovidence.

[4] voir nos travaux sur l’Astrobiorythmie, ABR, dans le Journal de bord d’un astrologue)/

[5] Voir notre récent entretien avec Jacky Alaïz sur Futurvideo.