Accueil > WebZine > « Les Chroniques de Mars » > >[LES CHRONIQUES D’UN ASTROLOGUE] par Jacques Halbronn > 3/2/2011 [Disjonction en Astrobiorythmie et crise des systèmes et des (...)

3/2/2011 [Disjonction en Astrobiorythmie et crise des systèmes et des institutions. Réflexions sur Pluton en Capricorne]

Quand les astrologues parlent de Pluton en capricorne comme
minant les institutions, ils n’ont pas tort sur le fond. Nous traversons
effectivement une crise systémique. Mais cela n’a strictement rien à voir avec
Pluton ni avec le capricorne et surtout quand la planète en question et le signe
– sidéralisme oblige- en question font problème astronomiquement. D’ ailleurs que l’on y songe, Pluton ne passe dans ce signe tous les deux siècle et plus alors que des crises comme celles que nous connaissons sont récurrentes à des fréquences beaucoup plus rapprochées mais aussi pour des périodes nettement plus brèves que ne l’impliquerait le passage de Pluton dans ce signe avant qu’il ne passe dans le signe suivant. D’ailleurs, si un tel passage était si important, il aurait été annoncé de longue date par les astrologues qui n’auraient pas attendu la crise de fin 2008 pour s’intéresser à ce rapport Planète/signe.

Quel dommage ! Il est vrai qu’il est conseillé de manier les planétes lentes avec précaution car c’est un peu de la nitroglycérine et l’on risque souvent d’aller trop loin et trop fort dans le pronostic, de basculer dans la disproportion.
D’ailleurs, le risque est bien de l’ « overreaction », comme disent les
Anglo-saxons.

Comme nous l’avons exposé dans notre article sur la
permutabilité, le jeu astrologique consiste à distribuer les rôles au sein de
la configuration existante. Si Pluton n’avait pas été en capricorne, on aurait
trouvé autre chose. C’est une chance que Pluton ait été là comme ce fut une
chance qu’en 1989, Saturne ait été conjoint à Neptune et que cela vienne
corroborer un ancien pronostic de jeunesse d’André Barbault, au début des années cinquante du siècle dernier, sur la base d’une technique dont il ne se
souciait plus guère depuis les années soixante. Parfois les coïncidences nous
égarent plus qu’elles ne nous servent. Coïncidences très relatives car comme on l’a dit, en astrologie, il y a toujours quelque chose qui pourra servir
d’explication, l’astrologue ayant toujours plusieurs flèches à son arc.
L’observateur non prévenu ne retient que le fait que ce à quoi fait référence
l’astrologue existe bien dans le ciel mais il est rarement en mesure d’aller
plus loin dans l’analyse. Il ignore que l’astrologue a plusieurs fers au feu et
peut se retourner. Ainsi en décembre 1989, on avait Uranus en capricorne qui
aurait tout aussi bien pu faire l’affaire.

Pourquoi cette vogue du capricorne ? Là encore, l’intuition
n’est pas mauvaise. Le capricorne est associé traditionnellement à Saturne, qui
est l’opposé du soleil [1]. Il incarne, selon nous, une cyclicité établie et
inventée par les hommes alors que le soleil est la cyclicité naturelle qui
s’impose à tous les végétaux et animaux. Donc si ce signe est affecté, c’est
tout la systématique de nos sociétés qui est sur la sellette dès lors évidemment
que l’on considère les planètes transsaturniennes comme des facteurs de
perturbation.

En réalité, le « responsable » de ce fléchissement saturnien
n’est pas à chercher ailleurs que dans le cycle même de Saturne, lequel chaque fois qu’il entre dans un signe cardinal, est en baisse de régime, en dépression et ce quel que soit le dit signe cardinal. En l’occurrence, ce n’est pas Pluton en capricorne qui agit ici mais Saturne entrant à 10° vierge (soit en sidéral à 15° lion) outre le fait que Pluton est un astre dont le statut est des plus douteux, outre le fait qu’il n’appartient pas à la tradition astrologique
ptoléméenne. Il n’a été découvert qu’en 1930, il y a donc moins d’un siècle.
Mais nous n’entrerons pas dans le présent article dans le débat sur la réforme
du système astrologique qui lui aussi est précisément en crise. Nous dirons
seulement que les planètes transsaturniennes sont des éléments perturbateurs ne serait-ce que par leurs effets sur le dit système astrologique, depuis le XIXe siècle.

La grande question qui se pose est justement de déterminer si
la crise actuelle est « normale » dans son principe, c’est à dire inévitable,
comme l’alternance jour/nuit ou bien si elle est liée à des facteurs qui
viennent entraver le déroulement des choses, comme une éclipse de soleil en
plein jour. Or, il ressort que les astrologues actuels ne sont plus capables de
distinguer entre ces deux options ; structurelle ou conjoncturelle, ordinaire ou
extraordinaire. Ils ont intégré la perturbation dans la pensée astrologique
contemporaine au lieu de poser cette pensée dans un rapport dialectique avec la dite perturbation. Témoin l’indice cyclique d’André Barbault qui embrasse aussi bien Saturne que les transsaturniennes, au sein d’un même coefficient, ce qui est aberrant. Ce que nous réprouvons tout particulièrement, c’est ce principe si largement accepté par les astrologues occidentaux de tous bords, y compris les conditionnalistes, qui considèrent le système solaire comme un ensemble solidaire, au niveau astrologique, même si Saturne n’appartient pas dans cette école au même groupe que les transaturniennes, étant en R et non en T. (dans le systéme RET). Les planètes transsaturniennes incarnent les facteurs extérieurs à l’organisation saturnienne. Ajoutons qu’en astrologie sidérale, Pluton n’est pas encore entré en capricorne.( décalage (ayanamsa) autour de 24°) Au moins l’avantage de l’approche d’André Barbault avec le cycle Saturne-Neptune ou avec son indice cyclique, c’est qu’il n’était pas affecté par le débat sur la précession des équinoxes. Or, de nos jours, le tropicalisme s’affirme en toute candeur en privilégiant ses positions planétaires en signe.

Le passage de Saturne à 25° balance (tropical, soit 0°
balance, sidéral) devrait clôturer la période enclenchée en novembre 2008, en
fait depuis l’Eté 2008, soit 45° d’arc plus tôt mais d’ici là le fléchissement
de la tonicité saturnienne risque fort de conduire à l’implosion sociopolitique
en différents points du globe, l’idée de vouloir localiser géographiquement –
comme on a pu le croire en 1989 - les effets d’une configuration ne relevant pas de l’astrologie proprement dite mais de l’analyse sociologique et historique, les dits effets étant d’autant plus palpables qu’ils touchent divers pays et situations.

Depuis peu, le débat autour de la précession des équinoxes a
repris de la vigueur, notamment sur Internet – et la FDAF a réagi à ce sujet,
comme le signale Serge Bret-Morel sur son site, La raison et l’astrologie.
Faut-il se contenter de répliquer que la pratique de la majorité des astrologues
occidentaux est tropicaliste ? Nous sommes très sceptiques quant à la valeur
d’un tel argument susceptible de justifier tout ce que font habituellement les
astrologues. En fait il ne faut pas traiter le regain de cette polémique à la
légère et reconnaissons qu’elle vient à point nommé.

Le zodiaque tropique n’est pas visualisable, ce qui n’est pas
là son moindre défaut, il n’est que calculable. Or, selon nous, il n’y a
transmission génétique, hors éducation, que de ce qui vient se greffer sur un
objet proche ou lointain.

Autrement dit, les hommes peuvent s’être conditionnés à réagir d’une certaine façon à l’apparition d’un astre, d’une étoile, au passage d’une planète au sein d’un groupe d’étoiles ( c’est-à-dire d’une constellation). Mais les astrologues actuels ont un rapport tellement virtuel avec leur science qu’ils n’éprouvent nullement ce besoin de voir les choses. Ils se comportent comme des aveugles et pourraient lire leurs éphémérides en braille, comme le propose Valérie d’Armandy. (Astrologie sensitive).

Nous proposons d’ailleurs de prendre le terme « signe
zodiacal »à la lettre, à savoir une piste marquée par une succession de signes,
c’est-à-dire d’étoiles disposées de façon particulière et singulière dont nous
serions capables de suivre l’enchaînement, à un niveau subconscient et sans
avoir été formé pour cela. Ce langage des signes est ainsi à distinguer des
langues que nous apprenons et avec lesquelles nous ne naissons pas, que nous avons à apprendre et qui elles peuvent être fort abstraites. C’est dire à quel point les astrologues tropicalistes assimilent l’astrologie à une langue, tout
en revendiquant néanmoins son caractère naturel et universel, les contradictions ne les gênant guère..

Selon nous, notre psychisme serait en mesure de capter la
progression de certaines planètes à travers une succession d’étoiles, la notion
de constellation n’étant pas absolument nécessaire ici mais correspondant à un
mode commode de repérage. Ayant en quelque sorte « dans la tête » cet entrelac d’étoiles formant un cycle, nous serions donc en mesure de situer telle planéte au sein d’un tel ensemble, condition nécessaire à l’existence de l’astrologie car si l’on ne capte pas le signal, à fortiori le signal ne pourra signifier pour nous. Dans le cas de Pluton, vu que cette planète est invisible déjà au niveau conscient, elle ne saurai être captée au niveau subconscient. Entendons par là que le subconscient, c’est du conscient qui a cessé de l’être. Si nous pouvons capter Saturne subconsciemment, c’est que nous pouvons le capter consciemment, avec nos seuls sens et non par le truchement d’un télescope dont l’humanité a été dépourvue durant la quasi-totalité de son existence.

Jacques Halbronn