Umi, Harriet Liens, pratique le Chamanisme toltèque depuis de nombreuses années, elle est née aux USA et possède la double nationalité américaine et française, elle enseigne actuellement le chamanisme toltèque dans le Sud de la France.

Umi est écrivain, thérapeute, diplômée d’Harvard et de l’Institut Jung, et a eue des expériences de vie communautaire avec des Bouddhistes Zen et Tibétains. Elle a été initiée au chamanisme au Mexique, dans le haut lieu toltèque qu’est la pyramide du Soleil de Teo Ti Huacan, qui signifie « Le lieu où les hommes sont devenus des Dieux. »

Notre rencontre avec Umi nous a permis de réaliser, en exclusivité pour la lettre de Thot, cette interview qui nous fait mieux connaître cette voie spirituelle, une voie de sagesse à découvrir et à méditer.

ARCADIA

ARCADIA : Pourquoi cet engouement actuel pour le chamanisme, pour ses pratiques, ses sagesses ?

UMI : Aujourd’hui nous vivons dans une compréhension réduite des capacités humaines. Nous validons le corps physique et le matériel en général, et nous ignorons le rôle primordial du Cœur. Pour les Toltèques, le cœur est le récipient de toutes nos expériences et il est l’organe à privilégier dans la communication Terre / Ciel. En ouvrant notre cœur, ce que nous faisons à l’aide d’un hochet, nous accédons à tout ce qui bloque et frustre nos vraies aspirations et notre plein potentiel et nous entrons dans les dimensions de notre conscience qui nous permettent de communiquer à la fois avec le passé et le futur, tout en restant résolument ancré dans notre corps et surtout dans le moment présent. Le cœur est effectivement un second cerveau, et par lui nous pouvons calmer notre psychisme et ouvrir la communication avec les autres règnes. Cette communication avec tout ce qui vit place l’homme à sa juste place, à égalité avec tout ce qui vit, pas en supériorité. Nous sommes actuellement de plus en plus conscient que la logique et le mental ont pris trop de place, et que le ressenti, c’est-à-dire comment voir et entendre avec nos yeux et nos oreilles à l’intérieur du corps) doit retrouver ses doits de citer, pour que l’être soit équilibré. Que l’on appelle ces deux polarités, Yin Yang, Cœur Cerveau, Masculin Féminin, Positif Négatif, le message est clair : Notre équilibre passe par l’équilibre de ces deux énergies en nous. Par ailleurs nous avons bâti un modèle de l’être humain en Occident qui est chimique et moléculaire. Pour les Anciens et les Toltèques qui n’étaient d’ailleurs pas les seuls à le savoir, nous sommes aussi vibratoires et magnétiques. C’est-à-dire que la Terre et nous sommes composés d’ondes électromagnétiques et nous sommes dans un échange permanent avec tout ce qui nous entoure. D’où la nécessité, et je dirai même l’urgence, de retrouver une harmonie avec cette résonance électromagnétique de la Terre et de la Nature.

ARCADIA : Peux-tu nous expliquer en quoi consiste la technique des « retours d’âmes » ?

UMI : Le « retour d’âme » dans la tradition toltèque est très particulier. Pendant notre séjour sur la Terre, nous allons tous expérimenter la frustration, la colère, l’amour, la joie, la perte, les blessures, peut-être des traumatismes et la maladie, éventuellement l’épanouissement et la non-dualité. La répétition des mêmes scénarios ou des mêmes erreurs signale une cause à trouver et à intégrer, et surtout le besoin d’en sortir ici et maintenant.

Le « retour d’âme » est un procédé par lequel le Chaman entre dans les corps subtils du patient, avec son animal totem, pour voir s’il y a une fuite d’énergie, d’en déceler la cause si besoin est, et de réparer l’âme. Cela nécessite l’écoute d’un tambour, aucune substance n’intervient dans ce procédé doux et plutôt sympathique.

ARCADIA : Quelle aujourd’hui la vision du chaman que tu es, devant l’état de la planète ?

UMI : L’état de la planète ?

La Mère Terre est agonisante. C’est très, très grave.

La grande question : Comment est-ce que nous, les êtres humains, pouvons arrêter la destruction de la terre dont nous sommes les seuls responsables ?

– Ne consommer que l’essentiel.

– Conduire le moins possible.

– Prendre le train.

– Préférer tout ce qui est en vrac aux emballages.

– Planter.

– Conserver l’eau.

– Réduire le chauffage (mettre des pulls, bien isoler les habitations).

– Préférer l’énergie durable aux combustibles (soleil, vent…).

– Arrêter la consommation à outrance du papier.

– Nettoyer à l’extérieur de votre maison.

– Ne rien jeter que la Terre et l’Eau ne puissent utiliser.

Voici aussi, quelques grandes lignes de réflexion pour ensemencer nos actes :

– Quelle est notre place au sein de la Nature ; domination ou harmonisation ?

– Comment rendre à la Terre ce que nous lui avons pris ?

– Si nous faisons partie de la Nature, et qu’elle fait partie de nous, n’existe-t-il pas un lien sacré entre nous ?

– Dans un cas de réponse affirmative ; comment retrouver le sacré ?

Le WAKAN en langage amérindien ?

La réponse est de faire de chaque acte de notre vie un acte sacré.

Ainsi nous laisserons développer le WAKAN que nous sommes.

Je vous aime,

UMI – Interview pour la Lettre de Thot – Juillet 2004 ©

En illustration : UMI – Photo Arcadia ©