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Nous avions rencontré pour la première fois Jacques d’Arès dans les années 1990, à un congrès d’Alchimie à Cordes-sur-Ciel (Tarn) auquel il participait en tant que conférencier. Par la suite, les échanges durables qui s’ensuivirent furent fructueux, notamment sur la connaissance particulière qu’il avait du « Dossier Fulcanelli » et sur les documents « disparus » de Pierre Dujols (1862-1926), au moment de son décès. Dans les années 2000, le don très amical et parfaitement désintéressé – pour ce qui le concernait – d’un extraordinaire document inédit d’Eugène Canseliet publié aux éditions ARQA avec son concours bienveillant et grâce à Cédric Mannu, un texte intitulé « La Table d’émeraude » nous avait permis de faire connaître à nos lecteurs cet exceptionnel travail oublié du Maître de Savignies sur ce texte fondateur de l’Alchimie pérenne.

jacques_d_ares_c_ARQA_ed_222.jpg Nous savions qu’il était revenu récemment, une dernière fois dans le Var, à Vidauban, il y a peu d’années, lors du décès de Danielle Calot, la fille de Paul Lecour, qui détenait en cette région une bibliothèque du XIXe siècle et début XXe tout à fait hors du commun. Jacques d’Arès fut sans aucun doute un conférencier hors pair et un tenant de l’ésotérisme chrétien de la seconde moitié du XXe siècle incontournable, son autobiographie : « Mémoire d’un trouble-fête – la vie ésotérique en France à travers la revue Atlantis (1926-2010) » en fait foi. Ce fils spirituel de Paul Le Cour fut également un écrivain de grand talent – concernant principalement le symbolisme chrétien qu’il connaissait mieux que quiconque à travers ses racines latines et grecques, il fut aussi – et surtout – depuis l’année 1954, le remarquable dépositaire des arcanes de l’association ATLANTIS et ce pendant plusieurs décennies…. (Nous ne reviendrons pas ici sur son détachement dommageable, impromptu et regrettable, de ladite association – ce qui l’avait d’ailleurs beaucoup affecté). Jacques nous avait honoré de sa sympathie fraternelle, sa disparition récente, en ce mois d’avril 2018 nous attriste particulièrement, c’est pourquoi nous avons demandé à notre ami Cédric Mannu de nous faire part, en guise d’éloge, de son témoignage concernant cet apôtre de la Sainte Science.

Thierry E. Garnier // K2Mars – No 27, mai 2018.


Jacques d’Arès – Les Arcanes Secrets du Logos – Extrait de conférence

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LES ARCANES SECRETS DU LOGOS
À TRAVERS L’ÉVANGILE ÉSOTÉRIQUE DE SAINT-JEAN

L’Évangile de Saint-Jean, celui des « Initiés » révèle la nature du LOGOS, VERBE ou Parole, comme Dieu créateur et manifesté. Le langage utilisé par l’homme, « créé à l’image de Dieu », recèle à travers les langues sacrées, de véritables trésors révélant l’essentiel de la Tradition primordiale. Cette « Cabale » universelle permet de retrouver l’Harmonie entre le Macrocosme et le Microcosme.

Vidéo intégrale sur le site d’ERGONIA


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Jacques d’Arès (1925-2018) – Un texte de Cédric Mannu


Comme il est singulier que le fils spirituel de Paul Le Cour, né le 26 janvier 1925 à Blois, à 6 heures 15 du matin, au nom prédestiné — ce qui n’avait pas manqué de questionner Eugène Canseliet, ce fils dévoué et élu aux destinées de l’aimable revue Atlantis — revue, qui fédéra tant d’âmes nobles et singulières, oui, comme il est singulier que Jacques d’Arès se soit éteint, en ce mois d’avril 2018.

C’est — comme toutes les lectrices et tous les lecteurs habitués en alchimie, surtout auprès des incontournables ouvrages de Fulcanelli et de Canseliet — la période canonique par excellence pour réaliser certaines opérations qu’il serait vain d’espérer réussir en d’autres temps…

Sur ce point, dans ses ouvrages de physique — et notamment dans leurs aspects les plus contemporains — le Dr Roberto Monti nous a convaincus avec force détails de la nécessité absolue de respecter le signe du Bélier (Ariès), et consécutivement de calmer l’hostilité sidérante du fer guerrier, ce véritable dieu martien (Arès).

Quant à Jacques d’Arès — par nature, et par choix — c’était un homme affable et doux. Ne l’ayant rencontré que peu de fois, dans les années 1994-1996, durant les investigations approfondies autour de mes recherches sur la figure tutélaire d’Eugène Canseliet, il m’avait fait montre d’une particulière courtoisie et d’une grande confiance en me transmettant — comme si nous nous connaissions depuis longtemps — d’authentiques documents de la main même du grand Philosophe, des lettres manuscrites, des livres avec annotations en pleine marge, etc.

Jacques était un passeur, tel ce Haut Personnage héritant de Connaissances antiques, et sur son chemin, il rassemblait dans la lignée d’une œuvre initiée par un homme qu’il admirait par-dessus tout, Paul Le Cour.

Comme j’ai eu plaisir à consulter la quasi-totalité de la Revue Atlantis, et je me délecte — en ce moment même — de ce numéro 134, paru en mars 1948 avec pour couverture un article de Paul Le Cour, intitule Le Cœur et le Cerveau. Le style est direct, simple, incisif. Et aujourd’hui, le sujet reste si neuf, tant vis-à-vis des perspectives de l’Humanité future et de son Renouveau, que de l’obsolescence générée par la Contre-Initiation…

Le 24 juin 1926, dans la nuit de la Saint-Jean, à la Sorbonne de Paris, fut fondé le mouvement à l’origine d’Atlantis, et le Comité d’Honneur de la Revue — qui évolua régulièrement par adjonction de membres distingués — comptait déjà à cette époque nombre de personnalités et d’Académiciens. J’aime parcourir ces noms, lieux de souvenir, Philéas Le Besgue, Paul Valéry, Victor-Émile Michelet, Georges Duhamel, P. Lecomte de Nouy…

En mai 1948, la Revue donne à signaler le centre de vacances du mouvement, la Pignada Atlantis à Arès (en Gironde) — mention qui n’apparaît pas au numéro de mars, mais qui signale des rencontres effectives et survenues par le passé, avec une belle fréquentation.


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En mars-avril 1954, Jacques d’Arès reprend, à la 27e année de la revue, IVe Cahier, la direction de la publication. Marc Thirouin en devient le Rédacteur en Chef, et Jacques d’Arès le Secrétaire général.

Il signe envers son Maître « Paul Le Cour (1871-1953) » un article commémoratif en donnant le moment exact de sa mort, le vendredi 5 février 1954, à 23 heures.
La plupart de mes échanges avec Jacques d’Arès se réalisèrent dans le contexte d’Eugène Canseliet, et de sa participation à la revue. Elle était particulièrement nette, surtout dans les premières années de la publication, et pendant l’Occupation à Paris, où — avec un certain courage — Paul Le Cour continuait à la réaliser non sans y glisser, à la manière d’autres adeptes de Continents et Civilisations perdues, des messages très définis à l’encontre des vainqueurs temporaires, cryptés avec art de manière à échapper au double mécanisme de la censure et des représailles.

L’Alchimie, dont le fond reste si peu compris et si mal proposé, ici comme ailleurs, se passe fort bien de confidences convenues et de révélations inutiles. Aujourd’hui encore, beaucoup s’arrachent — la mort venue — les trésors « inestimables » de remarquables questeurs, qui ne furent jamais de leurs amis, de leurs proches ou de leurs fréquentations.

C’est par ce même souci d’économie, et au regard d’aucun Dragon qui ne gardent nul trésor, que je me passerai donc de décrire en détail ce qu’en homme simple, Jacques d’Arès, avait bien voulu me confier.

Sans doute, n’était-il pas comme tant d’autres l’auraient souhaité — pour ma part, il n’est point là sujet à discussion. Ne témoignant que de l’homme que j’ai connu, et dans sa qualité d’engagement filial avec Paul Le Cour, comme avec Philéas Le Besgue ou Eugène Canseliet, jusqu’au bout, je ne peux qu’admirer avec quelle force il a réussi à maintenir l’Œuvre, envers et contre tout.
Notre éditeur, Thierry Emmanuel Garnier — par un opuscule, au prix léger, et au contenu dense et riche — se fait fort en ces temps de reprendre quelque peu le style de ce début Atlantis, confrontant le bouc travesti et grimé, auspice de perverses inquisitions sociales (1).

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Je voudrais ici, en hommage à Jacques d’Arès, et à ce qui fut l’objet de nos rencontres — mon Amour de l’Alchimie, grâce à Fulcanelli et Eugène Canseliet — porter à la connaissance une de ces nombreuses revues scientifiques actuelles, rare et chère, presque inconnues du simple mortel…

Bien sûr, cette revue européenne est écrite en anglais comme l’essentiel de la littérature scientifique associée à la recherche et au développement, cette revue donc, où l’on trouvera forts articles intéressants, mais aucuns dans la veine de cette belle Atalante, The European Journal of Inorganic Chemistry, surprend par nombre d’articles relatifs à tous les organismes œuvrant autour de l’Antimoine Sb], dont certains financés par des crédits militaires…

Certains articles décrivent des déterminations exactes d’alliages méconnus tels que Cu-Sb (2).

Beaucoup, bien que purement chimiques dans leur approche, ne manqueront pas d’intéresser le public au point de devenir anglophone… Voir par exemple Tartatric Acid and L-Cysteine Synergistic-Assisted Synthesis of Antimony Trisulfide Hierarchical Structures in Aqueous Solution. Et même des articles, plus anciens [1998], semblent faire des passerelles entre les perspectives d’Eugène Canseliet, et les dialogues tissés autour des vies de Fulcanelli, de Pierre Curie, et de quelques autres (3)…

On aurait tort de croire que l’alchimie n’est que rêverie au coin du feu, et pour autant, elle n’est point — comme n’a jamais manqué de le signaler Eugène Canseliet avec sa prudence caractérisée —fille, parente proche ou éloignée de celle-ci. Ce mystère n’est pas neutre.

Surtout en cette heure grave où, l’humanité jouant avec son inconscience caractérisée d’une nouvelle approche au combien irresponsable, avec des matériaux anciens qu’elle conditionne sous forme de nanotechnologies voire comme pour le graphène de matériaux dits quantiques, qui sont aussi profondément dangereux que l’inepte théorie physique du même nom, dont la source trouve sa perdition dans les délires hégémoniques de quelques esprits forts, ambitieux, mais non scientifiques, aux antipodes d’Henri Bouasse (4) ou du Dr Roberto Monti (5), et qui pourtant sont aujourd’hui connus de tous.
Ainsi, se surprendra-t-on de constater dans cette même revue que les nanoparticules sont à toutes les modes ou à toutes les sauces — selon — et notamment dans les alliages d’Antimoine. Dernièrement une revue beaucoup plus grand public, soulignait non sans stupeur que dans des produits d’alimentation très courants, addictifs et sollicitant pour la jeunesse, à grand renfort de publicité habituelle, contenaient ces matériaux en quantité extrêmement importante. Il importe que, outre le fait qu’aucune régulation réelle n’est faite ni applicable en ce domaine, comme pour d’autres vapeurs à la mode, rien dans ces matières n’ait fait l’objet d’un retour approfondi et certain quant aux conséquences positives pour l’être humain, et la vie en général.
Au contraire, nombre de ces matières sont toxiques au plus haut point, et ont déjà fait au moins partiellement leurs preuves.

Quand je lisais l’Andréide, que m’avait confié Jacques d’Arès, en une version annotée d’Eugène Canseliet, combien j’étais loin d’imaginer que l’homme aurait la stupidité d’inventer et d’abâtardir la plus belle création de Dieu en lui, le Microzyma d’Antoine Béchamp, que j’ai dû plusieurs fois travestir sous le nom de nanotechnologie du Bon Dieu, pour faire comprendre aux uns et aux autres, le grand écart, le formidable écueil, entre nos façons d’opérer tellement techniques, et la simplicité de l’agencement de la Nature.

Quand je songe à ces notes manuscrites, d’une autre main que celle d’Eugène, que Jacques d’Arès m’avait confié, et qui avait compté pour la réalisation des ouvrages attribués à Fulcanelli, à cette Vierge minérale, si belle et si simple, et à ce que l’Homme en a fait…

Peut-on vraiment dire aujourd’hui, comme alors, Belle Dame Nature, pardonne-nous, car nous ne savons pas ce que nous faisons ? De cette pollution tentaculaire des corps physiques, émotionnels, psychiques et spirituels, que faire pour s’en extraire ?

Sans doute — et fort heureusement — Jacques d’Arès, d’où il opère maintenant, peut-il nous guider plus sûrement en ces moments de grande nécessité, comme il accomplit ici, toute sa vie durant, touche par touche, la musique d’une des plus belles revues de langue française.

Bien sûr la chimie en langue anglo-saxonne ne coulait pas à flots, et la périodicité faible ne définissait pas un prix aussi exorbitant au numéro, mais on y glosait de langues anciennes, de tifinagh berbère, d’ogham, de spiritualité préchrétienne, de civilisation des mégalithes, d’énigmes légendaires, de Glozel…

Narbonne – Jeudi 26 avril 2018 – Cédric Mannu


Cédric MANNU© Les Chroniques de MARS numéro 27, mai 2018.


NOTES //

1 – [Thierry E. Garnier – Des heures noires de l’inquisition médiévale à Facebook et autres réseaux sociaux.

2 – Cf. Atom Assignment in Solid-State Structures on the Basis of X-ray Crystallography and DFT Calculations – A Case Study on a Molecular Cu – Sb Alloy par Reinhart Ahlrichs, Dieter Fenske, Alexander Rothenberger, Claudia Schrodt, and Stephan Wieber.

3 – Cf. Phosphane Complexes of Alkaline Earth Metalspar Hans H. Karsch and Manfred Reisky.

4 – Henri Bouasse – La question préalable contre la théorie d’Einstein.

5 – Roberto Monti – L’Alchimie est une science expérimentale – Le Grand Bluff d’Albert Einstein.

ANNEXE de la NOTE 2

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THESAVRVS // Adam – Adepte – Aigles – Alchimie – Alchimiste – Argyropée – Assation – Athanor – Chrysopée – Coupellation – Cyliani – Élixir- Élixir de longue vie – Eugène Canseliet – Philalèthe – Fulcanelli – Gnose – Grand Œuvre – Lavures – Macrocosme – Magnum Opus – Mercure – Microcosme – Nicolas Flamel – Œuvre au noir – Œuvre au blanc – Œuvre au rouge – Or – Panacée – Paracelse – Philosophie Hermétique – Pierre Philosophale – Poudre de projection – Régule – Rémore – Soufre – Sublimations – Table d’Emeraude – Teinture – Terre adamique – Transmutation – Unobtainium – Vitriol – voie de l’Antimoine – voie du Cinabre //

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