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Marie-Noëlle MARMET - Le voyage chamanique

Comment parler du chamanisme sans le trahir ou le déformer ? Ce qui se vit de l’intérieur s’énonce difficilement car les mots restent souvent en deçà de la réalité vécue.

Comme pour toute voie permettant une profonde transformation, parler des techniques et pratiques qui la constituent est délicat et souvent réducteur.

Tout d’abord, comment définir le chamanisme ? Qu’en disent les dictionnaires ? Le chamanisme est considéré comme une religion (Le Robert), un ensemble de pratiques magiques (Larousse) ou magico religieuses (Alpha), centrées sur le personnage du chaman. Et le chaman ? C’est un prêtre magicien dont la fonction est d’entrer en communication avec les esprits de la nature en utilisant les techniques de l’extase et de la transe (Larousse).

Qu’évoquent pour vous ces définitions ? Vous inspirent-elles de la peur « le sorcier », « la transe », de l’amusement « le magicien », du scepticisme, du rejet ? Considérez-vous tout cela comme une vaste fumisterie ou au contraire ces mots résonnent-ils en vous ?

Tentons de nous approcher du chamanisme en parlant du voyage chamanique, clef de voûte du chamanisme.

Qu’est-ce que le voyage chamanique ?

On pourrait dire qu’il s’agit d’un voyage intérieur, spirituel, en dehors du temps et de l’espace, dans des royaumes que nous ne pouvons explorer lors de nos états de veille ou états de conscience normale, mais que nous entrapercevons lorsque nous rêvassons dans la journée ou durant nos rêves nocturnes par exemple. Certains rêves n’ont-ils pas une puissance telle qu’ils nous paraissent réels ?

Aussi, qu’est-ce que la réalité ?

Le voyage chamanique nous montre qu’il existe une ou plusieurs autres réalités que nous pouvons appréhender avec nos sens intérieurs. Il constitue un lien entre le monde spirituel et le monde matériel. Il nous donne des réponses justes, parfois troublantes car dans cet état de conscience modifiée, nos perceptions sont différentes et élargies. Cette connaissance est celle de notre âme, du sage en nous qui a, à la fois, une vue panoramique et détaillée de la vie. Les réponses et informations données lors d’un voyage chamanique viennent du cœur et non de notre mental. Et ce qui est merveilleux, c’est qu’elles éclairent et servent notre vie, travaillant à nettoyer, guérir et à servir notre évolution. Par évolution, j’entends aussi bien évolution individuelle qu’évolution collective qui peut s’étendre à celle de l’humanité entière.

Comment se passe un voyage chamanique selon la Tradition Toltèque ?

Dans la Tradition Toltèque, il n’y a aucune utilisation de substances hallucinogènes. Seul le battement du tambour régulier nous fait entrer et nous maintient dans un état de conscience modifiée dit aussi état de transe qui, ne l’oublions pas, est un état naturel chez l’être humain. Les battements réguliers nous aident à nous relier à la Terre Mère, tel un bébé posant sa tête sur le cœur de sa mère et écoutant ses pulsations cardiaques rassurantes et apaisantes.

Certains voyages se font seuls. Lorsque l’on souhaite contacter une énergie particulière, par exemple, celle d’un animal, le jaguar ou le dauphin, l’aigle… Nous pouvons voyager seul pour le rencontrer.

Certains voyages se font à deux. (Pour les guérisons ou la réception d’informations, il est préférable et plus enrichissant de faire le voyage à deux.) La personne souhaitant recevoir des réponses doit s’en remettre en toute confiance au « praticien » (1). L’état d’empathie de ce dernier est bien évidemment nécessaire.

Pour un bon déroulement du voyage le « praticien » demande l’accord et l’aide de la Terre Mère et du Père Ciel pour faire le voyage avec la personne en demande et leur fait l’offrande d’un chant, d’une poésie ou d’un mantra.

Ensuite, il « ouvre le cœur » de la personne symboliquement à l’aide d’un hochet, puis s’allonge contre elle en la touchant à l’épaule, la hanche et la cheville afin d’être bien en contact. Le voyage peut commencer au rythme des battements de tambour. Le praticien se sert de son animal totem. Celui-ci va entrer dans les corps subtils de la personne pour y trouver les réponses, les informations et éventuellement les actes à accomplir. Lorsque le voyage est terminé, le praticien informe la personne de tout ce qui lui a été transmis, lui souffle ces informations dans le cœur puis le ferme avec le hochet afin qu’elle les conserve précieusement et que le travail intérieur puisse se poursuivre en toute sécurité.

L’animal totem

Le voyage s’accomplit grâce à l’animal totem, qui sert de guide et d’allié pour communiquer avec le monde spirituel. Il nous aide et joue aussi le rôle de protecteur, nous évitant des dangers ou nous en prévenant. On pourrait le comparer à l’ange gardien dans la tradition chrétienne.

Rapport à soi

Un ou parfois deux animaux nous accompagnent. Il(s) nous renseigne(nt) sur nos qualités existantes ou potentielles à développer, mais aussi sur nos freins et limitations à travailler. Miroir(s) énergétique(s), il(s) nous éclairent sur nous-mêmes. Chaque animal a une énergie spécifique et va nous la transmettre si nous lui demandons. Par exemple, le cerf nous apporte la douceur et la compassion, le dauphin, l’ouverture de cœur et l’expression de l’amour inconditionnel, etc.

Préalable au voyage chamanique toltèque

La première étape d’un voyage chamanique est la recherche de son animal totem. Un accompagnant peut nous aider à le trouver en envoyant le sien partir à sa recherche, toujours sur fond sonore de tambour.
Une fois trouvé, nous pouvons faire connaissance avec notre compagnon.

Le rôle de l’animal dans les voyages

Ensuite, lors des voyages chamaniques à deux, l’animal totem du « praticien » va entrer dans les corps subtils de la personne soit pour y chercher des informations, des réponses à des questions, soit pour une guérison en décelant des fuites d’énergie, leurs causes et les moyens d’y remédier…

Marie-Noëlle Marmet © La lettre de Thot - juillet 2004.

En illustration : Marie-Noëlle Marmet – Photo Arcadia ©

(à suivre… le voyage chamanique, savoir universel.)

(1) Par « praticien », j’entends celui ou celle qui pratique la technique.

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