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2/2/2011 [Les grandes vagues populaires ; un phénomène proprement astrologique]

Les peuples, à certains moments, constituent une puissance qui emporte tout, tel un raz de marée, un tsunami humain et aucun pouvoir, dans ces cas là, ne peut en faire abstraction. Ce sont des heures de vérité qui nous rappellent que tout pouvoir est conditionné à terme par un certain consensus social, quel que soit le régime en place, démocratique ou dictatorial. Or, dans de nombreux pays, le peuple est bafoué, ignoré. Un jour ou l’autre, tel un Léviathan, il se réveille de sa torpeur et se manifeste comme une véritable marée.

Ceux qui sont nés dans les années quarante ont été les témoins d’au moins quatre grands moments de ce genre : 1960, 1968, 1989 et 2011, de la vague d’indépendances africaines face à l’empire français, de Mai 68 face à De Gaulle – mais il faudrait aussi parler de la Tchécoslovaquie de Dubcek- de la vague symbolisée par la destruction du Mur de Berlin et qui a affecté tous les pays d’Europe de l’Est, enfin de la vague actuelle qui menace tout le monde arabo-musulman.

Or, aucun spécialiste à notre connaissance ne semble en mesure d’inscrire tous ces phénomènes dans un seul et même modèle à commencer par les astrologues eux-mêmes. En général, chaque cas est étudié séparément. La science politique et la science astrologique déclarent forfait ou se servent de modèles à géométrie variable tellement flexibles qu’ils ne prouvent plus rien. Suivez notre regard !

Ce qui se passe actuellement, en ce début de XXIe siècle, témoigne de ce que rien ne change fondamentalement dans les comportements humains, quelle que soit l’évolution technologique considérable survenue entre 1960 et 2011.

Nous sommes bel et bien en vérité au cœur d’une dynamique astrologique infiniment plus spectaculaire que les études de thèmes individuels ou de thèmes de pays. On passe ici d’une astrologie peu ou prou divinatoire, qui se sert du thème astral comme support, à une astrologie scientifique qui fonctionne sur une cyclicité collective qui concerne l’être humain bien plus que l’individu particulier. On est là dans le champ de la conscience collective et les médias reflètent la façon dont la rue s’exprime, à Tunis ou au Caire.

Ajoutons que de tels phénomènes finissent tôt ou tard par s’épuiser, qu’au flux succède toujours, irrésistiblement, un reflux qui lui aussi peut être spectaculaire. On pense à la dialectique entre Révolution et Empire en France.
Il est clair que dans ces circonstances, la cause de l’astrologie scientifique peut marquer des points et interpeller la science politique en lui offrant un substrat qui lui manque.

Le peuple astrologique doit donc lui aussi réagir. Il doit exiger l’abandon de méthodes et de pratiques désuètes, le départ de ceux qui prétendent parler au nom de l’astrologie en recourant à des recettes obsolètes et qui ne laissent pas se faire entendre les vraies compétences. Certes, 1989 fut-il annoncé par André Barbault mais le modèle qu’il proposa n’explique pas 2011 ni 1960 ni 1968, il a donc failli, à moins de refuser de rapprocher ces dates. Mais si l’astrologie ne se veut pas comparative au niveau de phénomènes aussi frappants, aussi remarquables, elle n’a plus de raison d’être et elle n’a plus qu’à se cantonner au secret des consultations personnelles qui ne font sens que pour le client lequel dit ce qu’il veut bien dire, comme dans n’importe quelle consultation divinatoire.

Certes, il y a comme dirait Serge Bret-Morel un savoir faire estimable chez ceux qui sont experts en interprétation de thèmes personnels ou collectifs. Mais c’est devenu un exercice qui tourne à vide et qui exige beaucoup de complaisance. Actuellement, toute une partie du public se détourne de l’astrologie et on veut pratiquer la politique de l’autruche. Quand dans une réunion, il y a, dans le public, un homme pour 50 femmes, on est aussi confronté à des faits sociologiques forts. Il y a là la démonstration que le discours astrologique fait l’objet d’un rejet non pas de telle ou telle institution mais bien de la société qui n’y trouve pas son compte. On dirait une réunion d’anciens combattants du MLF, que ce soit à Paris, à Lyon, à Nice ou à Bordeaux. Si certains croient que l’astrologie peut continuer à se couper du public masculin qui a ses propres exigences intellectuelles, elle fait fausse route.

Le temps est venu de tenir compte de ces mouvements massifs, dans un sens comme dans un autre. Croire que les hommes sont un facteur négligeable est en contradiction même avec le fait que lors de ces révolutions actuelles, les hommes sont fortement majoritaires. Le combat pour la reconnaissance de l’astrologie ne sera jamais gagné sans une adhésion masculine forte. En 20 ans, l’élément masculin des rencontres astrologiques n’aura cessé de s’amenuiser du fait que la qualité de débat devenait de plus en plus inconsistante. Il importe que chacun fasse son examen de conscience et exige que l’on tienne compte de signaux aussi forts que l’incapacité de l’astrologie « officielle » à établir une typologie pertinente des événements majeurs et sa même incapacité à attirer les hommes aux réunions, ce qui ne se fera qu’en en changeant radicalement le style et le déroulement.

En conclusion, nous rappellerons que l’astrobiorythmie (ABR) est seule capable d’expliquer au moyen d’un modèle simple ce qui est commun aux quatre dates évoquées plus haut, cela tient à la présence de Saturne au milieu d’un des quatre signes cardinaux (ou en sidéral au début d’une constellation cardinale). Un colloque se tiendra prochainement à ce sujet autour de la question, d’ailleurs très prisée actuellement, de la précession des équinoxes et l’on y a abordera aussi l’autre pomme de discorde, celle de l’utilisation ou non des planètes au-delà de Saturne ; ainsi que la question du scientifique et du divinatoire en astrologie qui est directement liée au recours à Uranus, notamment.

Jacques Halbronn